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Prêt inter-entreprises : un outil plus stratégique qu’il n’y paraît

  • Linséa
  • 9 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Alors que les entreprises font face à un resserrement du crédit bancaire et à un coût du financement en hausse, le prêt inter-entreprises revient au centre des discussions. Introduit en 2015, ce dispositif permet à une société de prêter directement des fonds à une autre. Sur le papier, la mécanique semble simple. Dans les faits, elle engage profondément la gouvernance, la conformité et la gestion des risques.


Derrière ce mécanisme se joue une question plus large : comment les entreprises peuvent-elles diversifier leurs leviers de financement tout en sécurisant juridiquement leurs pratiques ?




1. Un dispositif pensé pour répondre à un besoin de flexibilité

Le prêt inter-entreprises avait un objectif clair lors de sa création : offrir une alternative au financement bancaire, notamment pour soutenir les PME, renforcer les filières et fluidifier les chaînes de valeur.

Le principe est strict : il ne peut s’agir ni d’une activité régulière, ni d’un mécanisme financier autonome. Le prêt doit rester ponctuel, motivé par un besoin économique réel et inscrit dans la stratégie de l’entreprise.

Cette condition, souvent sous-estimée, est pourtant la clé de voûte du dispositif.



2. Une apparente simplicité… qui cache une réelle complexité juridique

Le prêt inter-entreprises n'est pas un acte anodin. Il se situe à la frontière du droit bancaire, du droit des sociétés et du droit des contrats. Cette zone d’intersection explique les interrogations récurrentes des directions juridiques et financières.


Le risque majeur est la requalification du prêt en activité bancaire illégale si l’entreprise prêteuse accorde des prêts de manière trop fréquente ou structurée. Une telle requalification peut entraîner des sanctions pénales, commerciales ou réglementaires.

Une gouvernance fortement sollicitée

Accorder un prêt entre entreprises implique systématiquement :

  • une justification économique claire ;

  • une décision formalisée des organes de gouvernance ;

  • une analyse de risque ;

  • une documentation précise.

Autrement dit, le prêt interentreprises engage bien plus qu’un simple flux financier : il met en jeu la responsabilité des dirigeants et la solidité du contrôle interne.

Un contrat qui doit être irréprochable

Le contrat est le pivot du dispositif : objet, durée, garanties, modalités de remboursement, reporting, gestion des incidents.


Sans un cadrage juridique rigoureux, le risque de litige ou de défaut augmente fortement.


3. Prêts inter-entreprises : Un outil utilisé avec prudence, mais porteur d’enjeux stratégiques

En pratique, les prêts interentreprises se concentrent sur trois réalités économiques.

  1. Pour les groupes

Même si les avances intragroupes restent dominantes, certaines structures s’appuient sur ce dispositif pour soutenir une filiale, stabiliser une trésorerie ou renforcer un plan de restructuration.

Pour les filières et chaînes de valeur

Certains industriels ou acteurs financiers y ont recours pour sécuriser un fournisseur clé ou accompagner un partenaire stratégique sur une période sensible.

Pour les PME en tension de financement

Face au recul du crédit bancaire, ce levier peut offrir une alternative ponctuelle, même s’il reste encore peu exploité faute de maîtrise juridique.

Dans tous les cas, le prêt inter-entreprises devient un marqueur de maturité : il révèle le niveau d’anticipation, de coordination et de maîtrise des risques d’une organisation.


Conclusion

Le prêt inter-entreprises  est un instrument stratégique qui exige une compréhension fine du droit, des risques et de la gouvernance. Bien utilisé, il devient un levier puissant de continuité économique, d’agilité financière et de cohésion au sein des chaînes de valeur.

Mais il appelle aussi une montée en compétences des organisations et des talents. Et c’est précisément dans cette intersection entre réglementation, finance et performance que Linséa apporte son expertise.

Sources

  • Village de la Justice, « Prêt interentreprises : entre simplicité et complexité », 2025

  • Code monétaire et financier

  • Banque de France, Observatoire du financement des entreprises, 2023-2024

  • Médiateur du crédit aux entreprises, rapports annuels


Un enfant qui dessine la terre sur du carton

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